Vous entrez dans mon Salon par simple « curiosité » ? Cette lettre s'adresse à Vous
Par Dame Aveline de la Rose
L’autre jour… enfin jour… pas si sûre.
Nous étions en fin d’après-midi.
Les
gouttes de pluie s’écrasaient avec ferveur sur les vitres d’une des
fenêtres de mon Salon. Les rideaux en velours rouge étaient tirés,
retenus par une cordelette dorée tressée.
La lumière pâle, presque
blafarde, de l’extérieur éclairait à peine la pièce.
J’avais
fait allumer des bougies, en plus de la lampe tamisée, quelques heures
plus tôt. Et j’avais donné congé à mon majordome afin que nous puissions
avoir suffisamment d’intimité.
Parfois, cela
s’avère utile lorsque l’on rencontre un homme qui vient s’initier,
découvrir… mais qui pense que cet acte relève d’une simple curiosité.
Et pourtant, il y a bien longtemps que j’ai compris que ce type de « curiosité » est loin d’être anodin.
Elle révèle très souvent bien plus.
Le
subconscient perçoit toujours ce que le conscient refuse encore de voir.
Et c’est en grande partie de là que découlent nos actes, nos choix —
même ceux que l’on croit sans importance.
La sonnette a
retenti alors que j’étais plongée dans mes pensées, happée par une scène
de mon livre Apparences trompeuses, avec Nathaniel, le personnage
principal de ce tome.
Je me demandais si mon inconnu aurait certaines de ses caractéristiques… s’il aurait des réactions similaires.
J’ai
constaté au fil du temps que certains hommes que je rencontre ont des
comportements étrangement proches de ceux de mes personnages fictifs. Alors même qu’ils n’ont jamais lu mes récits.
Mon inconnu et moi avons passé la fin d’après-midi… puis la soirée ensemble.
Il a fini par me supplier de prolonger ce moment avec lui. Je lui ai offert ce privilège. Car
le voir passer d’un simple curieux à un serviteur assidu m’a apporté
une grande satisfaction. Surtout la vitesse à laquelle le déclic s’est
produit.
Pour d’autres « curieux », il faut parfois un peu plus de temps.
Le temps de les apprivoiser… comme on apprivoiserait un animal sauvage, d’une nature pourtant docile, mais qui s’ignore encore.
Peut-être êtes-vous comme cet homme curieux.
Ou
peut-être faites-vous partie de ceux à qui il faut simplement un peu
plus de temps pour comprendre que ce n’est pas une question de choix…
mais d’accepter une part plus profonde de soi.
Comme je l’ai déjà dit dans mon message de bienvenue — que vous trouverez dans mon salon, je ne crois pas aux hasards.



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